Etape 6 La nef et la basse-nef côté ouest



Deux croix sont gravées dans le béton du sol de la nef, dans la partie proche de l’entrée, laissant présager l’existence de sépultures dans l’église. Nous pouvons découvrir à l’extérieur de la chapelle des Fonds Baptismaux, un linteau presque enterré, peut-être un indice attestant de la présence d’une crypte sous la chapelle des Fonts baptismaux, que certains anciens paroissiens affirment avoir vue. Parmi les personnes vraisemblablement enterrées sous l’église: Athénulphe de Poitiers, seigneur de Tullins, qui a fait don de l’église à l’abbaye Saint-Pierre de Vienne en 1091, mais sa sépulture n’a pas pu être localisée avec précision


Lors de la construction des chapelles côté sud, les bénédictins se sont appuyés sur les fondations de l’église romane, en créant les piliers et les porches permettant leur accès. Du côté nord, ils ont conservé la continuité du mur roman, ne créant que de petites ouvertures ouvrant sur des chapelles disparates et sans caractère. Le cimetière contigu ne leur a pas permis de bâtir une église symétrique. Ce n’est qu’en 1866 que les ouvertures actuelles ont pu être crées, et la basse nef construite.
Les arcs supports des voûtes de la nef s’appuient à gauche sur les parties les plus solides du mur roman. Ces appuis ne sont pas tout à fait en face des piliers des entrées de chapelles du mur sud, ce qui entraine un désalignement des clés de voûte de la nef.



Le premier culot côté chapelles a été refait totalement au XIXe siècle, et porte la date de sa restauration: 1866.
Comme fréquemment à l’époque de la construction de la nef, les autres culots représentent des animaux, ou des anges.
Le culot ci-contre est particulier par la différence d’échelle entre le sujet représenté en médaillon, et la main sur la gauche, qui semble le supporter.



Au début du XXe siècle, une paroissienne fit don du chemin de croix à la Paroisse. Les deux premières et les deux dernières stations sont dans le chœur. Les autres scènes de la passion du Christ ornent l’ensemble de la nef.


Le porche est, avec le premier étage du clocher, le seul vestige de l’église romane, dont la construction commença avant l’an mille.
On trouve sous le porche une pierre gravée et scellée, remerciant le seigneur « de Moreste » pour un don fait en faveur des pauvres de la paroisse au XVIe siècle.


Tournons-nous maintenant vers la basse-nef. L’ancienne chapelle de l’Assomption est occupée aujourd’hui par un autel à la mémoire des victimes de la guerre 1914 -1918.
Sculpté par Tardy il porte les noms des disparus de la paroisse pendant la grande guerre

Une statue de la Vierge écrasant le serpent, symbole du mal, est posée sur cet autel. Nous n’en connaissons ni l’histoire, ni son emplacement d’origine.
Derrière l’autel, la chapelle des Capucins, accessible aujourd’hui uniquement depuis l’extérieur, permet de monter au clocher par un escalier datant de 1866.

Au premier étage du clocher, on trouve la chapelle Saint-Michel, dont les ouvertures attestent la disposition du clocher primitif, en saillie par rapport à la nef. La tradition populaire présentait ces ouvertures comme des meurtrières, mais leur dimension rend très peu probable leur utilisation à cette fin. En effet, les meurtrières permettre aux archers de se placer afin d’ajuster leur tir sur les assaillants, et comportaient donc une niche qui n’est pas présente ici.


Au second étage, l’horloge, datée de 1756, est un des deux mécanismes inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques en Isère

Sur le plancher du premier étage, on retrouve un poids en pierre qui entrainait le mécanisme de l’horloge. La plaque fixée sur l’horloge nous indique qu’elle est l’œuvre de Claude Sylvestre, célèbre famille d’horlogers grenoblois.

Au dernier étage du clocher, les trois cloches, refondues en 1869 suite à une rupture de la plus grosse. Les plus anciennes informations sur les cloches datent de 1625, mais des cloches existaient sans doute avant.

Revenons à la basse nef, dont les arcs s’appuient sur des culots datant de 1866. Au-dessous de celui-ci, on peut voir une trace de l’installation de gaz éclairant l’église à partir de 1877.

